Vends temps de cerveau disponible

Tout le monde ne s’en souvient peut-être pas, mais l’ancien PDG de TF1, Patrick Lelay a écrit ces lignes dans un livre intitulé  Les dirigeants face au changement :

« Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective ”business”, soyons réaliste : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit (…).

Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible (…).

Rien n’est plus difficile que d’obtenir cette disponibilité. C’est là que se trouve le changement permanent. Il faut chercher en permanence les programmes qui marchent, suivre les modes, surfer sur les tendances, dans un contexte où l’information s’accélère, se multiplie et se banalise. »

Ces propos sont un indice capital de notre degré de conditionnement, que nous soyons devant notre poste à regarder cette chaîne (qui diffuse de « bons programmes« , selon le vice-président de l’union des annonceurs, Gérard Noël – 1″42 dans la vidéo) ou que nous plaignions ou dédaignions ceux qui la regardent. Cet homme, un des plus influents de ce pays, savait certainement ce qu’il faisait quand il s’exprimait ainsi. Il savait que ses propos allaient être largement diffusés par toutes les chaînes, sur toutes les radios, dans tous les journaux. C’était en juillet 2004.

Dommage qu’à cette époque, personne n’ait pensé à fixer un prix à M. Lelay. Quel prix pensez-vous qu’il aurait été prêt à payer pour disposer d’un bout de votre cellule grise ? Et vous, l’auriez vous vendu ? Si oui, à quel prix ?

Comments

[...] l’homme eut la bonne idée d’associer télévision et publicité. De quoi vendre du temps de cerveau disponible. Share Vends temps de cerveau [...]

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